Je suis heureux que ma mère soit vivante, vu d’une adoptée

Un drame psychologique qui parle et qui fait parler.

Deux frères de sang vivent leur adoption de façon complètement différente; un s’en fiche alors que l’autre est hanté par son adoption, ou plutôt, par son abandon.

“Elle était comment ma mère, elle était belle?” Thomas, l’aîné adopté, s’imagine intuitivement un roman familial alternatif parfait. Le fantasme de l’autre vie quoi.

Son tumulte intérieur le pousse à retrouver sa mère biologique. Des retrouvailles si naturelles qu’elles en sont presque étranges. Thomas agit effectivement comme s’il n’avait jamais été séparé de sa mère biologique; il tente de s’attacher à elle et s’incruste dans une vie qui aurait pu être la sienne. Réflexe naturel ou fantasme?

On arrive difficilement à identifier ce qui est le plus troublant; le parcours de Thomas ou le brio avec lequel Vincent Rottiers interprète le personnage principal. Et c’est ça qui est beau. Ce regard à la fois perçant et désemparé, cette lourdeur si bien composée, si réelle qu’on se sent interpellé jusqu’au plus profond de nos tripes. Et à la base, une histoire d’abandon, de quête identitaire et de malaise de vivre. Une impression de ne jamais être parfaitement à la bonne place quoi. Tiens, on s’y reconnait?

Je suis heureux que ma mère soit vivante n’est pas un film jojo, ah que non, mais ô combien magnifique dans sa douleur. Si vous avez les reins assez solides pour être témoin du dilemme identitaire d’un adopté, je vous recommande fortement cet excellent long métrage de Claude et Nathan Miller.

Je suis heureux que ma mère soit vivante, Daily Motion

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